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Le Pouvoir du corps féminin

Le corps, particulièrement celui de la femme, a beaucoup été instrumentalisé, par les religions, la mode, le cinéma, les médias. Emprisonné, puis libéré, diabolisé ou sanctifié selon les époques. Alors que les codes et moeurs ne cessent d’évoluer, la complexité de notre rapport au corps demeure. PAR ORIANE ROUSSET

 

 

Depuis quelques années, on observe un retour au corps, on le ré-écoute, après avoir passé plusieurs décennies, voire des siècles, à le faire taire à force de chimie, à faire disparaître les douleurs et les symptômes, à effacer les cycles, à gommer les courbes et les différences. On donne aujourd’hui à nouveau au corps l’un de ces rôles les plus importants : véhiculer notre essence et notre singularité.

Body positive
Le terme body positive vous dit peut-être quelque chose. Il s’agit d’un mouvement culturel apparu aux Etats-Unis au tournant du siècle, qui prône l’acceptation et l’appréciation de tous les types de corps. Il défend la diversité et encourage l’estime de soi quelque soit son physique, défie les stéréotypes et normes véhiculées par les médias. Aujourd’hui très présent sur les réseaux sociaux, le mouvement est à l’origine d’un changement dans notre société. Si la pratique du yoga nous invite à cultiver la bienveillance et le non-jugement, les corps à la souplesse et à la silhouette plus que parfaite qu’aime afficher Instagram n’ont malheureusement pas aidé les yoginis 2.0 à aller dans ce sens. Heureusement les hashtags #Curvyyoga, #Buddhabodyyoga, #Fatyoga, #plussizeyoga ont peu à peu envahi la toile et changé (un peu) la donne. Le yoga est une pratique pour toutes et tous, et Instagram a aujourd’hui élargi son champ pour devenir plus politique. De nombreux comptes inspirent désormais des millions de femmes à s’accepter telles qu’elles sont, à s’aimer inconditionnellement.

L’Américaine Danae Mercer démontre sur son compte qu’il n’y a pas de corps parfait, que tout est une question de lumière et d’angle. Une question de perception finalement. Julie Bourges (@douzefevrier), grande brûlée, raconte le chemin de sa guérison et comment elle a réappris à aimer son corps. Noémie Delva (@naturellementgreen) montre sans complexe ses jambes poilues, expliquant qu’elle rééduque son cerveau à accepter son corps, et à associer poils et féminité. Megan Jayne Crabbe, alias @bodyposipanda, lutte contre la transphobie, mais aussi la grossophobie liée à la Blackphobia (phobie des Noirs). Dans l’un de ses posts, elle parle du livre de Sabrina Strings Fearing the Black body, dans lequel l’auteure explique que l’image d’une femme noire, grosse et peu attirante, a progressivement été diffusée dans l’art puis les médias à partir du xvie siècle par les Blancs pour montrer la supériorité de la femme blanche et mince, façonnant ainsi les normes d’une beauté qui a fait souffrir physiquement et psychologiquement des générations de femmes.
Se réconcilier avec son corps n’est pas qu’une question d’apparence. Il s’agit aussi de se relier à ses pouvoirs, à sa capacité à s’autoréguler, s’autoguérir, à son côté cyclique aussi. Si l’apparition de la pilule contraceptive à la fin des années 1960 a simplifié la vie des femmes actives, elle les a également déconnectées de leur cycle. Or cette connaissance du cycle est un pouvoir immense.

Avant les années 2000, le marché des protections hygiéniques jetables a tout fait pour que le sang menstruel devienne le plus invisible possible, et que les menstruations n’entravent pas la vie trépidante des femmes, faisant culpabiliser nombre de jeunes filles aux règles douloureuses, et mettant même en danger leur santé (une étude de l’ANSES publiée en 2018 a révélé la présence de glyphosate, de dioxines, de phtalates et de perturbateurs endocriniens dans les tampons et serviettes du commerce). L’apparition des coupes menstruelles réutilisables (Meluna, Anaé, sur greenweez.com), en silicone de qualité médicale a été une révolution, non seulement sur le plan écologique et sur celui de la santé, mais aussi en terme de reconnexion au corps et au cycle féminin. Le sang n’est plus caché, et se confronter à la vue de ce liquide longtemps considéré comme impur nous invite à envisager à nouveau son côté précieux et sacré. Le sang menstruel n’étant rien moins que la muqueuse utérine préparée par notre corps pour accueillir la vie. La connaissance du cycle féminin nous reconnecte à cette puissance du corps, capable de créer et nourrir la vie.

La suite de cet article est à lire dans le numéro 60 de Esprit Yoga, disponible à la vente ici :

 

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