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Laurent Jouvet : "La spiritualité la plus profonde est toujours la plus simple"

Ancien moine bénédictin devenu organiste et chef de coeur en chant grégorien, Laurent Jouvet est un authentique théologien. Avec générosité, il partage son expérience, puissamment physique, du divin, auquel il consacre un nouveau livre.

 

 

ESPRIT YOGA : Quel est le dénominateur commun des traditions spirituelles ?
LAURENT JOUVET : Toutes les pratiques spirituelles font appel au corps. L’ancrage dans le corps est ce qui garantit de vivre une expérience réelle, pas imaginaire. Porter l’attention sur les sens apprend à descendre en soi-même. L’espace intérieur se vide des pensées. Il devient espace de liberté pour se connecter à l’essentiel, que certains mystiques nomment Dieu et d’autres appellent « nature profonde ». Moi, je préfère parler de « source ». Les termes changent mais renvoient tous à cette nature existentielle. C’est très simple.

E. Y. : C’est très simple mais cela n’empêche pas les difficultés, le doute ?
L. J. : Non, je ne vois pas pourquoi. Avec le corps à portée de main, on parvient rapidement à un état d’équilibre, de paix, de joie. Notre état profond est paisible. Le corps est la porte d’accès et l’unique instrument de la spiritualité. L’idée qu’il faille faire un effort pour méditer est complètement contre-productif. Le problème fondamental est celui de l’attention, qui est fragmentée et attirée par toutes sortes de stimulations. Si je suis dans la tête, je souffre. Si je reviens au corps, ça se dilue. La plupart de nos problèmes existent parce qu’on y a mis de la conscience. Dès que l’on retire l’énergie des phénomènes psychologiques, les Yoga Sûtras le disent très bien, on brûle les conditionnements.

E. Y. : Cela demande bien une discipline pour l’esprit ?
L. J. : Vous évoquez l’idée d’un travail, je suis aux antipodes de cela. Mon dernier stage s’intitulait « Méditer sans effort ». Accueillir la réalité à travers le corps libère les noeuds accumulés. Vous expérimentez votre présence à vous-même mais aussi la chose la plus centrale et la plus universelle : la conscience. Maître Eckart dit que lorsque je touche le fond en moi, je touche le fond de Dieu. Les Yoga Sûtras disent que lorsque les fluctuations du mental ont cessé, Drashtar apparaît, le Témoin.

E. Y. : Vous voulez dire que chacun voit la même chose à l’intérieur ?
L. J. : Bien sûr ! D’ailleurs, au bout d’un moment, on sent très bien que c’est la même chose que l’on partage avec un chat, avec un arbre.

E. Y. : Suspendre les processus mentaux est un défi quand on mène une vie active, une vie de famille, une vie sociale ?
L. J. : Il y a deux choses. Il y a la conscience, qui est immense et immobile, et il y a l’attention qui est comme une lampe que vous
dirigez sur ce que vous voulez. La méditation consiste à calmer le mouvement de cette lampe et à élargir le faisceau. On se relie aux sensations du corps, au poids, à la chaleur et, une fois que l’attention s’est ouverte là-dessus, on peut la diriger plus profondément vers le silence. Ce silence, vous l’avez déjà connu, tout le monde le connaît. C’est très différent de la relaxation qui se termine par la rêverie ou le sommeil.

La suite de cet entretien est à découvrir dans Esprit Yoga n°65, en vente ici :

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