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Guérir du Stress Post-Traumatique à l’aide du yoga

 

 

Saviez-vous qu’aujourd’hui, environ 10% des français souffrent d’un Trouble de Stress Post Traumatique (TSPT) ? Souvent négligé des services de santé, le TSPT est régulièrement confondu avec la dépression, l’angoisse, l’anxiété chronique, et parfois même qualifié de sensiblerie. Pourtant, un psychiatre, le Dr Bessel Van Der Kolk, porte un regard profond sur ce sujet controversé et ouvre la porte à la guérison des traumatismes, avec l’aide du yoga.

 

 Lorsque l’on pense au traumatisme, surgit immédiatement les images des attentats, des rescapés de catastrophes naturelles, des réfugiés, des anciens combattants et de toutes celles et ceux qui ont du évoluer dans des contextes de conflits armés et de situation humanitaire critique. On pense notamment aux corps de métiers qui sont particulièrement sujets aux traumatismes, de part l’extrême violence et souffrance à laquelle ils font face : les armées, les pompiers, les policiers, les médecins urgentistes, les aides humanitaires, les services sociaux…

Pourtant, des situations plus ordinaires peuvent également affecter l’équilibre psychologique et physiologique de n’importe quel homme ou femme, parfois même à son insu. C’est le cas des femmes victimes de violences conjugales, mais également lorsque l’on subit continuellement des pressions psychologiques, du harcèlement, de l’humiliation, le fait de vivre avec la maladie ou encore, lorsque l’on se sent en situation d’exclusion sociale. L’isolement subit, finit par créer un traumatisme.

 

Les symptômes du stress post-traumatique

 

Ce trouble se caractérise par une multitude de symptômes et douleurs comme: les insomnies, les crises d’angoisses, l’agoraphobie, l’anxiété, un état de vigilance constante, des troubles du système endocrinien, des troubles cognitifs tels que l’altération de la mémoire et de la concentration, une agitation permanente ou au contraire une apathie insurmontable, une grande fatigue généralisée, un manque d’intérêt pour les activités du quotidien et bien évidemment, les douleurs liées aux tensions dans le corps (nuque, dos, ventre, tête).

Aujourd’hui, on estime qu’un français sur dix souffre de Troubles du Stress Post Traumatique (TSPT). Or, la prise en charge de ce trouble connaît un retard notable en France. Presque tabou, le TSPT est parfois perçu comme une maladie de confort par le corps médical qui peine à reconnaître le véritable mal-être derrière les symptômes. Le patient est alors traité pour agoraphobie, attaque de panique, crise d’angoisse ou dépression nerveuse, sans soigner durablement l’origine du déséquilibre. Mal accompagné et orienté, la victime de TSPT traine ses troubles sur plusieurs années, sans connaître d’amélioration significative. Par ailleurs, le TSPT conduit souvent à l’isolement. Car, bien souvent, cette situation intérieure est difficile à verbaliser et mène à un éloignement du cercle relationnel.

 

 

Julie, la vingtaine, partie en mission humanitaire en Afrique, témoigne pour nous : « En revenant d’une mission humanitaire dans le Sahel, durant laquelle j’ai été témoin de grandes violences, d’une pauvreté insoutenable, et de l’attentisme des pouvoirs en place, j’ai vécu une période de grande douleur intérieure. C’est un mal à mon humanité qui a grandit en moi et quelques jours seulement après mon retour en France, j’ai commencé à avoir des cauchemars, des insomnies, des angoisses, un sentiment d’être déconnectée de la réalité, le monde entier m’apparaissait comme un tissu de mensonges. Comment pouvais-je continuer à vivre normalement, en sachant qu’en ce même instant, mes semblables souffraient si fort ! Je me suis repliée sur moi-même, personne ne semblait comprendre ma peine insondable, et ces images qui revenaient encore et encore. Je n’arrivais plus à m’intéresser aux sujets du quotidien qui me semblaient futiles. Le corps médical m’a donné des anxiolytiques que je n’ai pas pris. On m’a dit que j’étais certainement carencée en magnésium et en vitamine D, que je faisais une déprime et qu’il fallait que je m’endurcisse… On m’a proposé des antidépresseurs. Je les ai boudés. Il a fallu 3 ans d’errance médicale, durant lesquelles j’ai essayé tous les compléments alimentaires possibles, pour qu’un psychiatre finisse par me diagnostiquer un TSPT, ne me proposant pas de solutions très concrètes. Mais ce qui m’a véritablement aidé ? M’ouvrir à la compréhension spirituelle de ce qu’il se passe dans notre monde. Le yoga, la méditation, un travail profond sur mon ouverture de conscience, voilà les solutions. Encore aujourd’hui, 4 ans après, j’ai toujours des séquelles, je peine à prendre l’avion, j’ai peur quand je dors seule. Mais petit à petit, tout se rééquilibre, tout se guérit, avec le temps. Pour traiter les mémoires restantes, j’aurai recours au neurofeedback, une technique recommandé par le Dr Bessel Van Der Kolk ».

 

Comment le yoga peut accompagner la guérison du stress post traumatique ?

 

On entend par traumatisme un évènement dont la violence ou la répétition porte atteinte à l’intégrité psychique d’un individu et l’amène à revivre les sensations et les émotions liées à ce traumatisme dans des situations où pourtant, le danger n’est plus présent. Le traumatisme est l’actualisation permanente et continue d’une empreinte dans le corps et l’esprit.

Le psychiatre, spécialiste des traumatismes, Dr Bessel Van Der Kolk, professeur à l’Université de Boston, auteur du livre « Le corps n’oublie rien: Le cerveau, l'esprit, le corps dans la guérison du traumatisme », axe ses recherches sur le stress post-traumatique depuis 1970. Il nous explique que les personnes traumatisées interprètent les circonstances de la vie à travers leurs émotions et non plus leur cognition. Cette manière d’observer et comprendre le monde passe désormais par le filtre de leur vécu traumatique. Il devient difficile de rationnaliser le sentiment d’être en danger et la peur qui lui est associée.

 

 

Ainsi, toujours selon le Dr Bessel Van Der Kolk, « Un traumatisme n’est pas l’histoire d’une chose horrible survenue dans le passé, mais plutôt les résidus de cette empreinte qui continuent à opérer dans les systèmes hormonaux et sensitif des victimes. Un traumatisme implique avant tout de revivre dans le présent, non l’histoire en elle-même, mais les sensations physiques profondément dérangeantes, ainsi que les émotions associées souvent de façon inconsciente lors de l’événement horrible. Les victimes sont souvent terrorisées par les sensations qu’elles vivent dans leur corps, car ce dernier rejoue/ vit en permanence ce passé terrible, avec toutes les sensations physiques et physiologiques que cela comporte

En effet, le corps, en situation de traumatisme, parvient difficilement à regagner un état d’homéostasie, cette propension naturelle de notre organisme à réguler ses déséquilibres pour revenir naturellement à ses constantes. Et bien que la médecine moderne soit d’une grande utilité dans le traitement des troubles associés aux traumatismes, l’approche corporelle du yoga entre en résonnance avec les souffrances ressenties dans le corps. C’est dans la douceur de la pratique que l’on se réapproprie petit à petit les sensations, les émotions, la vibrance d’un corps unifié… Et non plus fragmenté en mille éclats de souffrances.

Ainsi, le Dr Bessel Van Der Kolk ouvrait la porte à la pratique yogique comme aide à la guérison du Trouble de Stress Post-Traumatique, lors d’une conférence donnée le 24 septembre 2018 à l’Hopital Saint-Anne.

 

Pourquoi recourir au yoga lorsque l’on souffre de stress post-traumatique ?

 

Le yoga, par son approche holistique, recrée du lien là où il n’y a que séparation et division intérieure, il intervient pour restaurer l’équilibre et l’harmonie, et augmente les capacités naturelles de résilience. Selon le Dr Bessel Van Del Kolk, le yoga se présente comme un « traitement très efficace du TSPT. Il a un effet bien plus large que n’importe quel traitement médicamenteux qui pu être étudié jusque là. »

Le yoga est une pratique introspective et unifiante. Ainsi, lorsque l’esprit, par le choc, se fragmente et se disperse dans toutes les directions, tentant d’expliquer tant bien que mal ce qu’il s’est passé, glanant ici et là des semblants de justification de la souffrance vécue, la pratique yogique nous permet de nous recentrer sur le corps, de revenir à l’instant présent. Au début, cette pratique peut céder place à une grande impatience, une absurdité même à s’assoir sur un coussin de méditation ou à se mettre en chien tête en bas… En quoi cela pourrait-il bien nous aider ?

Mais chaque minute de pratique supplémentaire est acquise pour le lien corps/esprit. Si les 10 minutes de la première séance paraitront interminables, très vite, la pratique sera un support de guérison, ainsi qu’un tuteur pour se redresser, et avancer avec dignité et confiance.

 

 

Comment le yoga agit-il sur le stress post-traumatique ?

 

Lors d’un traumatisme, le fonctionnement cognitif est altéré, entrainant une suractivité du système limbique, autrement nommé le cerveau émotionnel. Comment le cerveau réagit-il à un traumatisme ? A la lumière des recherches menées sur le cerveau, il existe une différence notable entre le fonctionnement du cerveau d’une personne dépourvue de traumatisme et une personne souffrant de TSPT. On ne dispose plus des filtres liés à la cognition, à la rationalisation de ce qui est perçu par les sens. L’expérience est alors vécue sans la protection du raisonnement, mais uniquement à travers les émotions enregistrées. Le système limbique étant en suractivité, on se sent immédiatement envahi d’une multitude d’émotions et de sensations dans le corps qui nous rappellent notre vécu traumatique. Il devient alors presque impossible de réaliser que le danger est fictif et irréel.

 

 

Le yoga ralentit les fonctions de l'organisme pour préserver son énergie

 

C’est ici que le yoga, par son activité parasympathique - à savoir un ralentissement des fonctions de l’organisme pour préserver l’énergie - peut être en mesure de réduire les effets du TSPT et l’impact des émotions sur le corps. Il libère la flexibilité cognitive en augmente la capacité de raisonnement. En outre, par la pratique du pranayama, l’attention portée à la respiration augmente les capacités de concentration sur l’instant présent. Les postures aident à dénouer les tensions accumulées dans le corps pour libérer la circulation de l’énergie vitale et évacuer les mémoires du corps. La tension artérielle est abaissée en rééquilibrant le système nerveux autonome. Sa pratique facilite les fonctions digestives en nourrissant Agni, le feu digestif. Cela nous permet de digérer les aliments mais aussi les expériences de vie pour les transformer en sagesse et en apprentissages.

La connexion corps/esprit peut à nouveau s’équilibrer et cette sensation vertigineuse d’une demi-présence au monde, disparait progressivement.

Le Dr Bessel Van Del Kolk propose aujourd’hui dans son centre le « trauma sensitive yoga ». En France, il est possible de recourir aux services d’un(e) yoga-thérapeute pour créer un programme sur mesure. D’une manière générale, les cours de yoga bénéfiques pour guérir de TSPT se veulent calmes, lents, très intériorisés et complets dans la mesure où ils associent postures, respiration et méditation. Il est recommandé d’avertir l’instructeur du trouble traumatique afin qu’il puisse vous accompagner dans la réappropriation de votre corps et de vos sensations.

En aucun, le yoga ne peut se substituer à une prescription médicale et au suivi par un professionnel de la santé mentale, sans avoir préalablement requis l’avis de votre médecin.

Namaste !

 
Sahra Leclerc est yogini, enseignante et contemplative: "c'est avec une profonde révérence pour la Nature, que j'aspire à partager tout ce qu'elle m'apprend. Gourmande mais consciente de ma consommation, l’ayurvéda accompagne mes repas et mon style de vie. Pour tout le reste, il y a le rire de soi, l'amour des autres et le chocolat". 

 

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