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Céline Chadelat | Rédactrice Esprit Yoga

Rédactrice chez ESPRIT YOGA, Céline Chadelat est journaliste, auteure et conférencière. Elle a publié Le Mois d'Or, Bien vivre le premier mois après l'accouchement, et Thich Nhat Hanh, Une vie en pleine conscience
Temps de lecture : 8 minutes (1683 mots)

Booster son système immunitaire au printemps avec l'ayurvéda

 

 

 

 

Le printemps est la saison de la renaissance. A l’image de la nature, le potentiel dormant nourri durant l’hiver vient à croître. Une période de l’année propice à l’action et au développement. Accompagner en conscience ce mouvement permet de prévenir les déséquilibres liés au changement de saison. Les médecines ancestrales éclairent le chemin d’une floraison en conscience.

par Sahra Leclerc

 

 Quels sont les symptômes d’un déséquilibre lié à l’arrivée du printemps ? Comment préserver l’harmonie de manière naturelle durant cette saison ?

 

Vivre les saisons en accord avec la nature relève d’une sagesse primordiale : tout est interdépendant. Cela signifie que l’expansion de la vie dans les forêts trouvera résonnance dans le corps humain, que le climat extérieur influence notre physiologie et que nous sommes en permanente interaction avec la nature.

Or, contraints par un rythme de vie figé (travail, obligations familiales, habitudes), il ne reste que peu de place à l’écoute intérieure. Revenons donc aux bases des médecines ancestrales qui considèrent que toute forme de vie est un microcosme à l’image du macrocosme. Autrement dit, prendre le temps d’observer la nature est une aide pour comprendre les forces à l’œuvre dans nos corps.

 

 

Que se passe-t-il au niveau énergétique au printemps ?

 

Selon la médecine énergétique chinoise, le printemps est associé au foie et à la vésicule biliaire. C’est la fonction « Bois » qui se met en mouvement dès la fin de l’hiver. Plus qu’une simple allégorie, le « Bois » en nous se retrouve dans toutes les réactions du corps face à la lumière. A la manière de la photosynthèse végétale, certaines fonctions du corps humains s’activent en présence de la lumière du jour, en particulier le système endocrinien.

Mais cette fonction « Bois » en médecine énergétique chinoise symbolise également les fonctions de détoxification et de purification. On parle d’un mouvement expansif, vers l’extérieur, qui nous pousse à évacuer les excès de l’hiver, comme les arbres irriguent la sève jusqu’au bout de leurs branches pour bourgeonner.

L’Ayurveda exprime une analyse sensiblement identique. Avec l’arrivée du printemps c’est le dosha Kapha – composé de terre et d’eau - qui va se liquéfier. Cette humeur s’est consolidée durant l’hiver pour nourrir le corps et le soutenir dans son ralentissement. Mais ce flegme doit être assoupli pour permettre sa circulation et son renouvellement. Le réchauffement progressif des températures agit sur Kapha pour l’extérioriser. Comme la neige hivernale fond au soleil, Kapha se transforme et charrie avec lui les toxines de l’hiver.

 

Les symptômes d’un déséquilibre physique ou psychique en ce début de printemps

 

Qui dit détoxification, dit évacuation. En effet, le corps va chercher à évacuer les excès de l’hiver. Pour cela, un des premiers symptômes du déséquilibre printanier va se situer dans la zone ORL, avec l’évacuation des mucosités. Le haut du corps est en effet le siège de l’énergie Kapha.

Parmi les symptômes qui surviennent à la sortie de l’hiver, on note les rhumes, les yeux coulants au réveil, l’encombrement des bronches, la toux grasse, l’asthme, les allergies saisonnières. Et si, de surcroît, ces désagréments rencontrent un terrain inflammatoire, très fréquent au sein de la population occidentale (alimentation, rythme de vie etc), alors ces manifestations évolueront vers des infections telles que les que : les rhinites, sinusites, otites, bronchites, angines blanches, laryngites etc…

L’observation de votre langue le matin à jeun vous donne des indications supplémentaires. Plus elle est blanche et pâteuse, plus votre corps souffre d’encombrement et de toxines. D’où l’importance de prendre soin de son foie pour l’aider à nettoyer le corps.

Le printemps influence également l’équilibre psychologique de l’être humain. Lorsque le corps physique est encombré de toxines et de flegme, un engourdissement général nous laisse épuisé et las. La volonté vient à manquer, la réflexion est lente et pénible, les efforts sont pesants. Une situation physiologique qui peut donner lieu à un sentiment de stagnation, de déprime et de blocage émotionnel.

L’énergie du foie en déséquilibre influence également notre état d’être. Pour la médecine énergétique chinoise, lorsque le Yang du foie se réveille au printemps pour mettre en mouvement le corps et activer sa détoxification, de forts sentiments d’impatience, de colère et d’irritabilité peuvent émerger, ainsi que des réveils nocturnes entre 1 et 3 heures du matin.

 

A l’origine de ces inconforts : un feu digestif affaibli et un système immunitaire fragile

 

Il ne sera jamais assez répété qu’un feu digestif en bonne santé est garant d’un système immunitaire performant. Or, au printemps, le processus physiologique qui déloge les toxines et liquéfie Kapha va diminuer la force de Agni, le feu digestif. Autrement dit, les fonctions d’assimilation, de thermogénèse, de métabolisme, de digestion et d’élimination vont être perturbées. Cela explique ces sensations de gonflements, d’œdèmes, de lourdeurs dans les membres. Même l’eau plate peut devenir difficile à digérer, avec une sensation de lourdeur dans l’estomac.

Le système immunitaire, intimement lié à Agni, semble adopter des réponses insuffisantes face aux microbes et virus, ou des réponses désordonnées face à des éléments allergènes tels que les pollens. Si Agni est fort et Kapha régulé, alors les allergies saisonnières cessent, la rétention d’eau s’évacue, la sphère ORL s’assainit naturellement, et l’énergie printanière s’installe sans heurts.

 

Que faire au quotidien pour préserver Agni et évacuer le flegme ?

 

Nos grands-mères étaient bien inspirées. La cure de radis noir ou d’artichaut au mois de mars prend tout son sens puisqu’elle stimule les fonctions hépatiques. Mais on peut aller plus loin en adoptant quelques habitudes de vie, pendant 3 semaines au moins. Voici quelques conseils à appliquer quotidiennement pour soutenir Agni et éliminer l’excès de mucus :

  • Boire un petit verre d’eau chaude le matin à jeun au moins 15 minutes avant le petit-déjeuner. Si aucun trouble inflammatoire n’est présent, on ajoutera une cuillère à thé de miel (l’eau doit être buvable, si trop chaude, le miel se vicie).

 

  • Réduire le bol alimentaire et stopper le grignotage. L’assiette doit contenir 1/3 d’aliment en moins pour ne pas étouffer le feu digestif.

 

  • Manger chaud, délicatement épicé, léger. Si vous optez pour une crudité, alors accompagnez-la d’un thé tchaï ou d’une infusion de gingembre, à boire pendant le repas. Les épices libèreront les stagnations du foie.

 

  • Diminuer jusqu’à arrêter totalement les produits laitiers pendant quelques semaines.

 

  • Réduire l’ingestion d’aliments complexes à digérer comme les protéines animales, les graisses saturées, les céréales en grande quantité, les oléagineux et évidemment, les produits transformés et les plats surgelés.

 

  • Augmenter l’activité physique. Il est possible de courir, nager, marcher rapidement plusieurs fois par semaine si votre corps le permet, ou encore de pratiquer des salutations au soleil à un rythme soutenu (jusqu’à 108 salutations).

 

  • Effectuer une journée de jeûne liquide par semaine. Vos repas seront constitués de soupes, bouillons et jus de fruits/légumes frais.

 

  • Privilégier la fraicheur, les jeunes pousses et feuilles riches en chlorophylle (cresson, épinards, salades, endives, mâche) et les légumes verts. Ils viendront nourrir l’énergie du foie.

 

  • Faire une cure de curcuma pour régénérer le foie et une cure de feuilles de moringa pour stimuler le système immunitaire et augmenter la vitalité.

 

  • Se coucher avant 22h et se lever tôt.

 

  • Se rendre dans la nature au moins une fois par semaine et marcher en conscience.

 

Les boissons bénéfiques pour le printemps : apaiser le foie et stimuler Agni

 

 

  • La décoction de baies de goji  pour préserver le Yin du foie. En cas de montée brusque du Yang du foie, se traduisant par des bouffées de chaleur, de l’impatience, de la colère, l’apparition de boutons et de plaques rouges, de réveils nocturnes avec chaleur, faire tremper 15 grammes de baies de goji pendant 1 heure dans 3 tasses d’eau, puis portez-les doucement à ébullition. Laissez frémir quelques instants et éteignez le feu. Laissez infuser 20 à 40 minutes avant de boire dans la journée.

 

  • Le thé pour Agni du Dr Vasant Lad : Portez à ébullition 1 litre d’eau avec 1/8 de cuillère à thé de poivre de Cayenne, ½ poignée de racines de gingembre émincées, 2 cuillères de sucre de canne, ½ cuillère de gros sel. Laissez frémir 20 minutes puis retirer du feu. Laissez refroidir durant quelques minutes et ajoutez le jus d’un demi citron vert. Il est préférable de boire cette décoction en fin de repas. Si vous ressentez un échauffement ou des brulures, cessez la consommation de ce thé et optez pour la décoction de baies de goji.

 

  • Sidha Dugdham pour les troubles de Kapha: porter à ébullition ½ cuillère à thé de pippali (poivre long), avec une tasse de lait biologique, et un ¼ de tasse d’eau. Laissez frémir et réduire la préparation pour qu’il ne reste plus qu’une tasse. Cette préparation est bonne pour les congestions de bronches, l’asthme de type Kapha (avec encombrements) et pour diminuer les allergies respiratoires de type Kapha.

Deux recettes ayurvédiques rapides pour booster votre vitalité

 

  • Asperges sautées aux épices : faire chauffer une cuillère de ghee (beurre clarifié) dans une poêle, y ajouter une pincée de graines de moutarde, 1 pincée de graines de cumin, une pincée de poivre de cayenne et une pincée de sel. Puis ajoutez 2 tasses d’asperges lavées et faire revenir pendant 5 minutes. Dégustez avec des jeunes pousses d’épinard ou de cresson, et des pois-chiches grillés.

 

  • Subji de radis (radis noir ou raifort) : faire fondre 2 cuillères de ghee dans une poêle, ajoutez ½ cuillère de graines de moutarde, ½ cuillère de graines de cumin, ¼ de cuillère de curcuma, 1 pincée de graines de fenouil, ½ petit piment vert, du sel. Puis versez 4 tasses de radis noirs ou de raifort épluchés, lavés (2 fois) et coupés en dés. Couvrir et laissez fondre pendant 12 minutes environ. Dégustez avec de l’orge ou du millet.

Bonne dégustation !

Namaste.

En aucun cas, ces conseils peuvent se substituer à un traitement médical. Demandez toujours l’avis de votre médecin en cas de doute. Si les symptômes évoqués ci-dessus persistent, veuillez consulter un médecin.

 

Sahra Leclerc, rédactrice yoga, ayurveda, philosophies orientales et nature.

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