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L'éconutrition, une alimentation en conscience

L’éconutrition aborde l’alimentation dans sa globalité (production, récolte, transport, commercialisation, élimination des déchets) et questionne l’impact qu’a la nourriture sur notre corps autant que sur la planète. PAR MELUSINE MARTIN

 

 

J’AI MANGÉ mon dernier hamburger à 19 ans. Je n’ai jamais décidé de devenir végétalienne, je le suis devenue presque sans m’en  apercevoir. J’ai toujours été attirée par la nature. J’aimais sentir ses rythmes s’ancrer dans mon corps par les fruits et légumes que je mangeais de saison. Je pouvais me connecter à l’énergie de la terre en apprenant à cultiver, sur mon petit balcon de citadine, tomates, choux chinois, fraisiers et plantes aromatiques. Je ne mangeais pas, je devenais la nature. Dans la philosophie yogique, l’alimentation a  toujours pris en considération l’aspect holistique de l’existence humaine, c’est-à-dire ses dimensions physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Les interactions entre alimentation, santé humaine et impact environnemental sont essentielles. Aujourd’hui, la science liée à l’éconutrition met en avant les conséquences globales de nos modes alimentaires et affirme l’importance d’une alimentation bénéfique pour le corps et le mental, avec le moins d’effet négatif possible sur l’environnement et le reste du vivant.

Le régime de santé planétaire
On mange toujours dans un contexte précis. Manger est un acte social qui s’inscrit dans une famille, elle-même ancrée dans une histoire, une société, une tradition, et des valeurs morales. Cet acte est fondateur de l’identité collective et symbolise la culture d’une société. Or, dans la culture occidentale, on a tendance à voir l’être humain et la nature comme séparés. On apprend à penser qu’en tant qu’être humain, on est supérieur aux plantes et aux animaux, que ville et nature sont en opposition, et que l’élément sauvage doit être exploité, régulé, parfois protégé. Mais peu à peu, les mentalités évoluent. L’humain est perçu comme une partie d’un écosystème. En effet, pour la première fois en 2017, les recommandations nutritionnelles françaises ont été mises à jour pour inclure la préservation de l’environnement. On parle même de régime de santé planétaire.

Le régime de santé planétaire est basé sur les travaux de la commission EAT-Lancet, publiés en janvier 2019. Ce rapport inclut la description d’un régime alimentaire sain dit « de référence » et décrit les habitudes les plus susceptibles d’améliorer à la fois notre santé et celle de la planète (voir l’encadré). L’éconutrition, la philosophie qui a inspiré le régime de santé planétaire, aborde l’alimentation dans sa globalité (production, récolte, transport, commercialisation ou encore élimination des déchets) et permet de remettre en question l’impact qu’a la nourriture sur notre corps, autant que sur la planète. Naturelle, non-industrialisée et de saison, l’alimentation devient un outil puissant pour retrouver notre lien à la nature. L’auteur américain Michael Pollan a très bien résumé les principes d’une alimentation saine dans son ouvrage Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments : « Manger de la vraie nourriture. Pas trop. Surtout végétale. »

« Manger yoga »
Sri Desikachar, Swami Satchidananda, ou B.K.S. Iyengar prêtaient attention à leur alimentation, inscrite dans la tradition de la médecine ayurvédique, et étaient tous végétariens. Si le yoga est très attaché au végétarisme, il promeut surtout l’importance d’une alimentation en conscience, dans le respect de la nourriture prodiguée. L’éconutrition a donc beaucoup de points communs avec l’éconutrition. Selon Clémentine Erpicum, auteure de Yogi Food, « manger yoga, c’est choisir des aliments nourrissants mais qui se digèrent facilement, qui maintiennent le corps en bonne santé tout en apportant au mental clarté et lucidité ». Cela ne concerne pas seulement ce que l’on mange, mais aussi la manière dont on se nourrit. A l’instar des principes de l’éconutrition, il s’agit d’un choix que l’on fait pour soi autant que pour son environnement.

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