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Céline Chadelat | Rédactrice Esprit Yoga

Rédactrice chez ESPRIT YOGA, Céline Chadelat est journaliste, auteure et conférencière. Elle a publié Le Mois d'Or, Bien vivre le premier mois après l'accouchement, et Thich Nhat Hanh, Une vie en pleine conscience
Temps de lecture : 5 minutes (1079 mots)

Covid et yoga: une leçon d'humilité pour cette yogini

 

 

Longtemps, je ne me suis pas sentie concernée par le COVID-19. D’après les informations que j’en retenais, le virus s’attaquait majoritairement aux personnes fragiles, présentant des facteurs de co-morbidité (obésité, diabète, asthme, seniors…)

par Stéphanie Gentilhomme.

 

 

J’ai une santé de fer et un moral à toute épreuve, une hygiène de vie fondée sur des séances quotidiennes de yoga et de méditation, une alimentation flexitarienne et bio, du grand air et une riche vie sociale.

J’ai donc traversé le premier confinement dans une relative insouciance, en dépit du fait que ma région (Auvergne-Rhône-Alpes) a très rapidement été zone rouge. Comme (presque) tout le monde, j’ai pesté contre les fermetures, les annulations, les nouvelles contraintes, les inconforts personnels face aux obligations collectives. Jusqu’à ce début novembre où mon insouciance a été stoppée net. Le COVID est passé par moi !

 

Lâcher-prise !

Je n’ai heureusement pas souffert la détresse respiratoire qui nécessite l’hospitalisation. Mes symptômes se sont limités à une extrême faiblesse, une massive perte d’appétit, rétrospectivement, j’ai l’impression d’avoir dormi pendant plus d’une semaine. J’ai d’abord pris une douleur sourde et persistante à l’arrière du thorax (région des basses côtes) pour un des habituels corollaires de la grippe, puis, comme elle s’accompagnait d’une légère oppression respiratoire, j’ai pensé intuitivement que l’arrière de mes poumons étaient en souffrance, mais je n’en ai pas de validation médicale.

Je n’ai pas eu l’énergie, pendant la maladie, de noter mes sensations et émotions, j’avais juste assez d’énergie pour rester hydratée et aller aux toilettes !

J’ai bien essayé un jour un Eka Pada Rajakapotasana, la posture du pigeon, dans mon lit. Mes velléités ont vite été stoppées par une douleur intense et inédite dans les hanches et les jambes. Là se sont donc arrêtées mes tentatives pour intégrer un peu de yoga au COVID !

Je n’ai pas perdu l’odorat ni le goût. Bien au contraire, j’avais l’impression que ces sens étaient décuplés, ressentant même un profond dégoût pour des odeurs qui d’ordinaire me réjouissent, comme celle du café fraîchement moulu.

J’ai la grande chance d’avoir dans ma petite commune une merveilleuse professeure de yoga (Ashtanga, Vinyasa, Yin) nommée Sophie, aussi rigoureuse que douce, pédagogue et dynamique, et qui a eu la bonne idée de proposer ses cours sur Zoom au début du confinement.

J’ai abordé mon premier cours post-COVID, qui était aussi mon premier cours sur Zoom avec Sophie, avec une certaine appréhension. Je me sentais faible et raide, irrémédiablement rouillée. Un ressenti très nouveau, à des années-lumière de mon auto-perception habituelle : mon identité (et mon égo !) sont en lien étroit avec une image de bonne santé et d’un certain niveau de « performance ».

La nature m’a dotée d’une souplesse qui m’avantage dans de nombreuses asanas ; en revanche, j’ai besoin de plus d’effort dans les postures qui demandent équilibre et force musculaire, ce que j’essaye de travailler, si possible sans considération excessive pour les « fruits de l’action » … Mes dispositions me portent naturellement vers les flexions avant, les flexions arrière représentant un plus grand challenge, j’ai donc tendance à les négliger, voire les ignorer dans ma pratique personnelle.

Or, hasard ou coïncidence, mon premier cours post-COVID était riche en asanas d’ouverture de la cage thoracique et de l’espace du cœur. Je me suis donc remise au yoga dans des postures qui ne sont pas mes préférées : cobra, sphinx, chameau, sauterelle… Au fur et à mesure du cours, davantage à l’écoute de mon corps, je me suis rendu compte que non seulement je prenais plaisir à les pratiquer, mais aussi et surtout qu’elles étaient exactement ce qu’il me fallait ! Après la fin du cours, je me suis sentie légère, mentalement rafraîchie, et avec une énergie renouvelée.

Mon retour à une pratique quotidienne s’est fait en douceur, un jour sur deux, dans le respect de mes limites et une auto-bienveillance nouvelle pour moi.

J’ai aussi intégré beaucoup plus assidûment depuis mon rétablissement des exercices de pranayama dont je me sens intuitivement qu’ils me sont bénéfiques. J’ai gardé quelques jours une toux persistante accompagnée d’un encombrement glaireux. Je suis certaine que la pratique de la respiration Kaphalabhathi m’a aidée à m’en débarrasser.

 Je me suis mise à la recherche de différentes informations sur les pratiques recommandées en prévention et en accompagnement du COVID.
J’ai ainsi trouvé sur le site d’Ayush, le ministère des médecines traditionnelles indiennes, un guide complet de conseils pour les pratiquants du Yoga. J’y ai trouvé confirmation de mon ressenti intuitif sur les flexions arrière et le prananyama. Le document précise aussi que Kaphalabhati contribue à réduire les sécrétions !

https://www.ayush.gov.in/docs/yoga-guidelines.pdf

Je n’ai eu recours à aucun médicament, et je suis convaincue que le yoga m’a accompagnée et a accéléré mon processus de guérison. Bien sûr, les cas graves du COVID nécessitent une intervention médicale parfois très lourde (merci à tous les personnels soignants en première ligne et qui risquent leur vie !) je me considère chanceuse par rapport à toutes celles et ceux pour qui le COVID a été fatal.

Comme tous les yogis, j’apprécie les effets bénéfiques du yoga sur mon corps, mais aussi sur mes émotions et mon attitude mentale. Cet épisode récent m’enseigne plusieurs précieuses leçons supplémentaires : cette maladie et le yoga m’ont aidée dans un lâcher prise bénéfique, notamment vis-à-vis de mon ego !

J’ai lâché prise sur la tenue que je porte pour les cours sur Zoom : plutôt qu’un legging en Lycra qui moule aux bons endroits, je m’abandonne à un legging en coton, acheté en Inde, tout à fait informe mais dans lequel je suis si bien !

Je me suis aussi détendue sur ce que je laisse voir sur Zoom : tant pis si ça n’est pas l’environnement design yoga-friendly qui signifie « je suis une yogini sérieuse et stylée » J’utilise la pièce que j’arrive le mieux à chauffer, entre un portant et une table à repasser, et c’est très bien comme ça !

Bref, j’ai lâché prise sur les détails superficiels. Je me concentre sur mon ressenti et sur les bienfaits que le yoga fait à mon corps et mon âme.

Ma pratique personnelle est devenue à la fois plus bienveillante et moins routinière. J’ai intégré les flexions arrière que j’essaye de vivre comme des moments de plaisir.
Bref, une rupture salutaire et une remise en question, que je prends pour une vraie chance !

 

Stéphanie Gentilhomme travaille dans la communication du développement durable et de l'éco-consommation, et vis dans une petite ville de la Drôme qui doit compter la plus grande concentration de yogis par habitant en France ! 

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