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Voyage : trois jours avec un Sadhu

Découvrir la ville sainte de Varanasi est une expérience forcément incroyable. Mais quand on pénètre la cité et les abords du Gange guidé par un sadhu, cela devient une aventure extraordinaire. 

Par Anna Ruggieri 

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Il est dit que nous aurions vécu au moins une de nos vies antérieures en Inde. Cette sensation accompagne mes tout premiers pas au cœur du dédale de ruelles de la vielle ville de Varanasi. Je ressens immédiatement la sensation d’avoir déjà traversé ces lieux et j’en perçois immédiatement l’âme intime. Un voyageur a écrit : « L’Inde est une expérience qui te raccourcit la vie, mais aussi une expérience qui donne du sens à la vie ». Dans mon cas, le médiateur de cette expérience est White Baba, le sadhu qui sera mon guide spirituel pendant trois jours, à la découverte de cette ville sacrée. Le bagage le plus intime avec lequel je parcours les ruelles de Varanasi est la conscience d’avoir abandonné toute attente. L’amour pour l’Inde est inexplicable, on est constamment submergé par des contradictions criantes, des sensations opposées de plaisir et dégoût, les arômes délicats des encens et la puanteur des excréments qui jonchent les rues. L’absence totale d’attentes sur ce qui pourrait arriver permet à mon esprit et à mon cœur de s’ouvrir à toutes sortes de rencontres. 

 

À quelques pas de la guesthouse où j’ai prévu de dormir, j’entends appeler mon nom de loin : « je t’attendais », m’informe un sadhu élégamment allongé sur des marches en béton qui, dans le passé, amenaient probablement à l’entrée d’un immeuble depuis longtemps disparu. Sans doute en raison du long voyage intérieur que je commence à entre- prendre, sans réfléchir, je lui réponds : « Et moi je te cherchais ». La ville de Varanasi s’étend sur les rives du Gange, mais seul son côté occidental est sacré. Il est dit que seul celui qui aura le privilège de mourir sur cette rive pourra échapper aux cycles des réincarnations et accéder à la moksha, la libération. On dit de Varanasi qu’elle est la plus ancienne cité du monde, habitée sans interruption depuis quatre mille ans. Des millions d’Indiens y viennent pour mourir et avoir la certitude ne pas devoir revenir à la vie depuis la mort. La vie et la mort se côtoient ici à chaque ins- tant. Les ruelles sont si étroites qu’il est fréquent de s’entretenir avec d’autres passants au bord de la rue en sirotant un chai et d’être frôlé par une procession funéraire. 

 

White Baba m’attend en posture de méditation pendant un certain temps, en me laissant la possibilité de poser mon sac à dos et de me préparer à ce qu’il avait annoncé comme un « voyage de découverte ». Cette découverte commence par les aspects les plus ordinaires de la vie quotidienne, puis avance vers le partage d’enseignements profonds, qui se révèlent à moi seulement avec le temps, grâce à ce guide d’ex- ception. Mes 3 jours avec le Baba sont marqués par la vitesse et la fugacité des rencontres. Je le vois se mouvoir à travers les ruelles. Ses pas sont rapides et agiles. Il avance entre les mendiants allongés à même la chaussée et les vaches immobiles autour de lui. 

 


Nos arrêts sont toujours soudains et incroyablement longs. Je comprends par la suite que White Baba me laisse le temps d’appréhender les découvertes que je fais. Il souhaite me transmettre des enseignements et me confier des tâches importantes à accomplir quand je ne suis pas avec lui. Nous sommes au milieu d’un grand marché : c’est un grand vacarme, les allées et venues d’hommes de tous les âges et la familiarité avec laquelle les personnes s’interpellent me laissent sans voix. Mais la chaleur de ce lieu est insoutenable, et à mesure que nous avançons, je me rends compte que nous sommes juste derrière un haut bûcher en bois, celui qu’on utilise pour incinérer les cadavres. Nous sommes « dans les coulisses » de Manikarnika Ghat. Je suis la seule femme. Et la seule raison pour laquelle je suis admise dans ce lieu sacré est parce que White Baba m’accompagne en me tenant la main...

 

Retrouvez la suite du récit dans le numéro 44 du magazine. 

Carnet de voyage - Du Maroc à la Birmanie : le dép...
Entretien : Stéphane Colliège
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