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Vivre la plénitude

Lorsque la pure joie d’exister nous fait trembler, tout ce que nous pouvons faire, c’est de rester, ouverts, d’accomplir passionnément notre métier d’humain, ébahis devant la vie, dans ce qu’elle a de merveilleux et aussi de terrifiant. S’arrêter, laisser apparaître un mouvement de retour à soi et saisir l’essentiel serait donc devenir plus humains ? Marqueur menacé de notre humanité, être présent peut aussi se dire dans un seul mot : savourer. La présence se décline dans la présence à son propre corps et à son intériorité, dans la présence à l’autre et dans la présence au monde. Cette triple articulation trace les contours d’une manière d’être, d’une façon d’appréhender le monde et de vivre dans la plénitude.

 

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Le terme « présence » fait écho à une conception originairement grecque (parousia) dont le principe se résume au primat de l’« être » par rapport au « faire ». Dans la tradition philosophique allemande, le verbe Dasein, qui signifie « être présent », prend au xvıe siècle le sens de « présence ». Traduit souvent en français par « existence », ce terme est devenu un concept clé dans l’œuvre du philosophe allemand Martin Heidegger. La vie contemporaine rend de plus en plus problématique le rapport à soi-même et au monde. Parsemées de sollicitations intenses, brèves et éphémères, nos journées se déroulent dans un zapping permanent, notre attention attirée par tout mais établie dans rien. Nous passons une bonne partie de notre existence à être absents à notre vie, rejouant les scènes du passé, anticipant l’avenir ou perdus dans des rêveries. Ne se conten- tant jamais de ce qu’il est, l’être humain fuit avec une opiniâtreté funeste le fait d’être seul avec soi-même. Le seul antidote serait de renoncer à la course du temps qui nous prive de l’accès à l’expérience telle qu'elle est, de « mourir » un peu tous les jours à notre propre absence. « Eteignez tout, et le monde s’allume ! », s’écrie Sylvain Tesson. (...)

 

Lorsque nous sommes capables de cultiver la présence, la clarté et la quiétude, d’être entièrement et complètement présent à nous-même, nous devenons aussi plus présents aux autres. Combien de fois entendons-nous l’autre, ou nous-même, sans vraiment l’écouter, sans être réellement présent à ce qu’il nous dit, aux émotions qu’il nous transmet, sans recevoir pleinement sa joie ou son désarroi. Certains parlent alors de mettre ses « oreilles de girafe » pour écouter. Ce type d’écoute est cultivé grâce à une technique développée par Marshal B. Rosenberg et connue comme la Communication Non Violente (CNV). La CNV est un processus de communication pragmatique et efficace qui part d’une invitation à reconsidérer notre façon de nous exprimer, d’écouter et d’entrer en relation avec l’autre de manière harmonieuse et constructive. (...)

 

Qu’ont-ils en commun la recherche de l’écrivain aventurier Sylvain Tesson lorsqu’il décide de vivre six mois seul, en ermite, dans une cabane perdue au fin fond de la taïga sibérienne et le choix du philosophe américain H. D. Thoreau de mener une vie médita- tive dans une cabane près du lac Walden, dans le Massachusetts, pour « s’enivrer de l’air qu’on res- pire » ? Ces hommes voulaient vivre une vie simple, en communion avec la nature, ce qui favorise la pré- sence à soi-même et l’éveil au monde. Ils aspiraient, chacun à sa manière, à « habiter poétiquement le monde », comme le suggèrerait Hölderling. (;..)

La présence n’exige pas pour autant de s’isoler complètement. Elle requiert en revanche une to- tale conversion de notre attention. Flaubert disait que pour qu’une chose soit intéressante il suffit de la regarder longtemps. Dès que les sens sont assez aiguisées tout prend une énorme valeur et notre re- gard s’ouvre au monde comme si c’était la première (ou la dernière) fois. Sénèque dit avoir été frappé de stupéfaction lorsqu’il regardait le monde « comme si c’était la première fois ». « Etonne-toi de ce qui existe », disait aussi Clément d’Alexandrie au ııe siècle, « afin de permettre une vie plus ouverte sur les autres et sur l’immensité du monde » ! 

 

Article complet, écrit par Ananda Ceballos, à retrouver dans le numéro 46 du magazine Esprit Yoga.

 

 

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